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Fêtes du calendrier lunaire : Tết, Pchum Ben, Boun Bang Fai

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Il m’est arrivé, à mes débuts, de programmer un circuit sans vérifier le calendrier des fêtes locales — et de me retrouver devant des commerces fermés pendant plusieurs jours, sans comprendre immédiatement pourquoi une ville entière semblait s’être vidée. Depuis, je vérifie systématiquement le calendrier lunaire avant de fixer les dates d’un voyage au Vietnam, au Cambodge ou au Laos : les trois pays organisent leurs fêtes majeures autour de ce calendrier, ce qui veut dire que les dates changent chaque année sur le calendrier solaire, parfois de plusieurs semaines.

Tết Nguyên Đán, le nouvel an vietnamien

Le Tết reste, de loin, la fête la plus structurante du calendrier vietnamien. Célébrée au moment du nouvel an lunaire, généralement entre fin janvier et fin février selon les années, elle correspond à ce que représente Noël dans beaucoup de familles occidentales : un rassemblement familial, des offrandes aux ancêtres, des maisons décorées de branches de pêcher ou d’abricotier selon la région. Pour un voyageur, la période est à double tranchant. D’un côté, les rues se parent de décorations et l’ambiance dans les grandes villes prend une intensité particulière les jours qui précèdent. De l’autre, une grande partie des commerces, restaurants familiaux et administrations ferment plusieurs jours, parfois jusqu’à une semaine, et les transports intérieurs se réservent des semaines à l’avance tant la période concentre les déplacements de toute une population qui rentre au village natal.

Pchum Ben, la fête des ancêtres cambodgienne

Au Cambodge, Pchum Ben occupe une place comparable dans le calendrier religieux, sans avoir la même image festive que le Tết vietnamien. Fixée elle aussi sur le calendrier lunaire, généralement en septembre ou en octobre, cette période de quinze jours culmine par trois jours fériés durant lesquels les familles se rendent dans les pagodes pour honorer la mémoire des défunts et leur offrir de la nourriture, une tradition bouddhiste ancrée profondément dans la vie sociale du pays. C’est un moment où Phnom Penh et Siem Reap se vident en partie de leurs habitants, partis rejoindre leur province d’origine, tandis que les pagodes de campagne connaissent au contraire une affluence exceptionnelle. Pour un visiteur, assister discrètement à une cérémonie dans une pagode de province offre un aperçu rare de cette dimension du bouddhisme khmer, à condition d’adopter une attitude respectueuse et de se renseigner sur ce qui est toléré ou non pour les visiteurs étrangers.

Le Nouvel An khmer, une deuxième grande fête cambodgienne

À ne pas confondre avec Pchum Ben, le Nouvel An khmer, Choul Chnam Thmey de son nom complet, se célèbre à part, généralement à la mi-avril, sur un rythme cette fois proche du calendrier solaire plus que strictement lunaire. C’est une période de trois jours marquée par des jeux traditionnels, des processions et un grand nettoyage symbolique des maisons avant l’année nouvelle. Comme pour le Tết vietnamien, les déplacements internes explosent à cette période, et les hébergements dans les zones touristiques comme Siem Reap peuvent se remplir rapidement.

Boun Bang Fai, la fête des fusées laotienne

Le Laos célèbre une fête bien différente dans son esprit : Boun Bang Fai, la fête des fusées, organisée généralement en mai, juste avant l’arrivée de la mousson. Des fusées de bambou artisanales, chargées de poudre, sont tirées vers le ciel dans une ambiance de liesse collective, dans une logique rituelle destinée traditionnellement à appeler la pluie nécessaire aux rizières. Contrairement au Tết ou à Pchum Ben, cette fête ne s’accompagne pas d’une fermeture généralisée des commerces à l’échelle du pays : elle se vit plutôt village par village, avec des dates qui varient d’une localité à l’autre sur plusieurs semaines. C’est un excellent moment pour qui prépare un voyage rural au Laos, à condition de se renseigner localement sur les villages qui organisent leur propre édition.

Fête Pays Période Ce qui ferme
Tết Nguyên Đán Vietnam Fin janvier à fin février, selon le calendrier lunaire Commerces, restaurants familiaux et administrations, plusieurs jours
Nouvel An khmer (Choul Chnam Thmey) Cambodge Mi-avril Administrations et nombreux commerces pendant trois jours
Pchum Ben Cambodge Septembre-octobre, selon le calendrier lunaire Administrations, trois jours fériés au cœur d’une période plus longue
Boun Bang Fai Laos Généralement en mai, avant la mousson Pas de fermeture nationale, mais forte affluence locale village par village

Ce qui se retrouve dans les assiettes à chaque fête

Chacune de ces célébrations porte ses propres plats rituels, souvent plus révélateurs de la culture locale que n’importe quel monument. Au Vietnam, le Tết ne se conçoit pas sans le bánh chưng, ce gâteau de riz gluant carré farci de porc et de haricot mungo, cuit pendant de longues heures dans une feuille de dong et préparé en famille dans les jours qui précèdent la fête — une tradition suffisamment ancrée pour que certains foyers continuent de le confectionner eux-mêmes plutôt que de l’acheter tout prêt. Au Cambodge, Pchum Ben s’accompagne d’offrandes de riz gluant et de boules de riz déposées à l’aube devant les pagodes, un geste répété quinze jours durant avant la clôture de la période. Le Nouvel An khmer, plus festif, voit fleurir des marchés provisoires autour des pagodes, avec confiseries et fruits frais destinés aux visites familiales. Boun Bang Fai, enfin, se prolonge souvent en banquets villageois improvisés autour du lancement des fusées, où la nourriture partagée compte parfois plus que la compétition elle-même entre villages voisins pour la fusée la plus haute.

Comment composer avec le calendrier plutôt que contre lui

Ces fêtes ne sont pas des périodes à éviter par principe : elles offrent souvent les moments les plus authentiques d’un séjour, à condition d’ajuster ses attentes. Pour le Tết ou le Nouvel An khmer, mieux vaut réserver les transports et les hébergements plusieurs mois à l’avance, prévoir que certains restaurants de quartier resteront fermés et se rabattre sur les adresses tenues par des commerçants qui ne partent pas en famille. Pour Pchum Ben, l’anticipation porte surtout sur les administrations et les services, plus que sur la restauration. Boun Bang Fai, à l’inverse, demande surtout de la flexibilité géographique pour se rendre au bon endroit au bon moment. Dans tous les cas, vérifier le calendrier lunaire de l’année de son voyage avant de réserver reste le réflexe qui évite le plus de déconvenues, bien avant de finaliser le reste de l’itinéraire et des formalités de voyage.

Ces fêtes accompagnent aussi des traditions culinaires précises, des plats de riz gluant offerts aux ancêtres aux banquets familiaux du Tết, qui prolongent naturellement la découverte de la table et des marchés de la région au-delà des seuls jours fériés. Pour approfondir l’histoire de ces célébrations, les articles Wikipédia sur le Tết et sur Pchum Ben donnent un bon point de départ avant de caler les dates d’un voyage.


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