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Chaussures de voyage : une paire pour la ville, une pour la piste

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4 min de lecture 5,0 (81 avis)

La question des chaussures revient à chaque préparation de voyage, et la réponse tient en une phrase que je répète depuis des années : une seule paire ne suffit jamais vraiment, sauf à accepter des compromis qu’on regrette au bout de quelques jours de marche.

La paire de ville, légère et facile à enfiler

Pour les journées de temples, de marchés et de trajets en scooter ou en tuk-tuk, une chaussure légère à tige basse fait tout l’affaire. On la retire et on l’enfile en quelques secondes, un détail qui compte plus qu’on ne le pense dans un pays où l’on ôte ses chaussures avant d’entrer dans une maison, une pagode ou même certains restaurants. Une sandale de marche fermée à l’avant, ou une chaussure de toile souple, couvre l’essentiel des besoins urbains sans peser dans le sac ni retenir la chaleur.

La sandale de marche, la découverte que beaucoup regrettent de ne pas avoir faite plus tôt

La sandale de marche technique, celle conçue pour la randonnée et pas seulement pour la plage, mérite une place à part. Munie de brides réglables et d’une semelle crantée, elle permet de traverser un ruisseau, de marcher sur un sentier boueux après une averse de mousson ou de crapahuter sur des marches de temple sans craindre de glisser, tout en laissant le pied respirer. Beaucoup de voyageurs partent sans, la remplacent après une semaine sur place, et ne s’en séparent plus ensuite.

La paire de piste, pour les terrains qui ne pardonnent pas

Pour la randonnée en montagne, les hauts plateaux ou les sentiers boueux des rizières en terrasses, rien ne remplace une chaussure fermée avec une bonne accroche. La semelle Vibram, reconnaissable à son motif de crampons caractéristique, est devenue une référence dans le milieu de la chaussure technique parce qu’elle conserve son adhérence sur la roche mouillée et la terre glissante bien mieux que la plupart des semelles génériques. Une chaussure basse suffit pour la majorité des randonnées d’Asie du Sud-Est, où l’on cherche surtout la légèreté ; la chaussure montante ne se justifie que pour des terrains vraiment accidentés ou un sac lourd sur le dos.

Le vrai piège : le séchage

Le point qui fait le plus souffrir les voyageurs mal préparés n’est pas le choix du modèle, c’est le séchage. Une chaussure trempée par une averse de mousson ou par la traversée d’un gué met parfois deux ou trois jours à sécher complètement dans une chambre humide, ce qui, en pleine saison des pluies, peut immobiliser une seule paire pendant une bonne partie du séjour. C’est l’argument le plus solide en faveur de deux paires distinctes : pendant que l’une sèche tranquillement sur le balcon, l’autre continue à servir, ce qui est impossible avec une chaussure unique. Glisser quelques feuilles de papier journal à l’intérieur accélère nettement le séchage, tout comme éviter de la laisser en plein soleil, ce qui abîme les colles et déforme certaines semelles.

Ce qu’on emporte, ce qu’on laisse

  • Une paire légère à tige basse ou une sandale de marche fermée pour le quotidien urbain et les temples.
  • Une paire de randonnée avec une bonne semelle Vibram ou équivalente, uniquement si le circuit prévoit vraiment des sentiers accidentés.
  • Des tongs légères pour la douche, la plage ou les trajets de nuit en bus, qui ne remplacent aucune des deux paires précédentes.

La question des chaussures rejoint aussi celle des terrains qu’on va vraiment arpenter, des marches d’Angkor aux sentiers plus sauvages de la région. Et pour ceux qui hésitent encore sur le contenu global du sac, nos conseils pour faire son sac pour trois semaines détaillent les quantités raisonnables poste par poste.

Sur l’origine de cette technologie de semelle largement utilisée dans la chaussure de randonnée, l’article Wikipédia consacré à Vibram retrace l’histoire de l’entreprise italienne qui l’a développée.


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